En hommage à Pierre Leroux

15 mars 2008 à Longueuil

Je voudrais dire à quel point nous l'estimons, pour tout ce travail d'organisation qu'il a fait ces 30 dernières années: c'est lui qui as fondé le groupe de combinatoire. Sans lui, il n'y aurait pas de LaCIM (laboratoire de combinatoire d'informatique mathématique). Il en a été le premier directeur, et a fait ce travail de direction à plusieurs reprises. Je ne suis arrivé à l'UQAM qu'il y a un peu plus de 20 ans, et je n'ai donc pas vu Pierre à l'oeuvre avant ça. Le groupe de combinatoire était déjà largement opératoire. Le thème dominant en était la théorie des espèce; ce n'est pas une théorie de l'évolution, mais un domaine des mathématiques, plus précisément de la combinatoire. Pierre s'était emparé de ce sujet pour en faire le thème unificateur du laboratoire. Mais un thème ne suffit pas. Il faut aussi des locaux, des subventions, des colloques. Et Pierre excellait dans l'organisation. Il n'était pas des ces personnages qui prennent toute la place autour d'eux. Non, il faisait les choses dans une certaine discrétion, avec une efficacité certaine. C'était, pour autant que je puisse en juger, un diplomate avisé. Pas un mot plus haut que l'autre, pas d'altercation ni d'intimidation. mais il arrivait à ses fins et obtenait ce qu'il voulait.

Le laboratoire de mathématiques créé par Pierre est connu pour sa convivialité. Beaucoup d'invités étrangers nous ont fait remarquer ceci. Pierre en est le responsable pour une bonne part, à cause de sa personnalité attachante, à cause de sa simplicité.

Je ne parlerai pas beaucoup de l'oeuvre mathématique de Pierre. Il a écrit près de 60 articles, le premier, il y a 40 ans; il a écrit 2 livres. Il a dirigé de nombreux étudiants en maîtrise et en doctorat. Il en laisse quelques-un orphelins, dont il faudra que nous nous occupions.

Nous avons pu, en 2006, organiser un colloque en l'honneur de Pierre. Je suis heureux que nous ayons pu le faire. Nous avons ainsi pu lui rendre hommage et le remercier de son oeuvre. Plusieurs conférenciers sont venus d'Europe pour cela (l'un d'entre eux est d'ailleurs ici, venu hier exprès d'Allemagne). Nous avons aussi récolté plusieurs affiches avec sa photo, accrochés dans les bureaux et les couloirs, qui nous remémorent Pierre.

Je me souviens aussi de quelques randonnées en canot, que Pierre a organisées, pour ses collègues et amis. Je venais d'arriver au Québec, et je découvrai ce qui est en somme participe du génie du Québec: toutes ces rivières, tout ce réseau qui permet de se déplacer en canot. Nous partions une dizaine, sous sa direction, après la préparation du matériel sous sa direction. Le soir, le matin, il nous faisait un feu, allumé avec de l,écorce de bouleau qu'il avait judicieusement placé au sec. Son feu nous réchauffait la peau (ces randonnées avait toujours leiu en automne ou au printemps), tandis que le délicieux fudge de Mado nous réchauffait à l'intérieur. Il était admirable de voir le souci du détail; on sentait que cette organisation avait été rodée par le temps et l'expérience.

Je voudrais exprimer, au nom du laboratoire auquel Pierre manque déjà cruellement, toute ma sympathie à sa famille: Mado, Marie-Claude, Sophie, leurs enfants et toute la famille et les amis de Pierre.

Christophe Reutenauer